ITW : KARA
Categories : ITW | par : Ozmoze

Rencontre avec un grand personnage : KARA, qui sort aujourd’hui une nouvelle bande dessinée : La Guerrière Innocente. Vous verrez avec sa présentation à découvrir plus loin dans l’interview que nous somme fasse à une œuvre qui ne demande qu’à être dévorée. Mais en attendant son interview vous permettra de le découvrir ou d’en apprendre encore plus sur lui et elle vous plongera également dans l’actualité de son domaine et dans son évolution. Un moment riche en émotion que je vous laisse découvrir.

 

 

On s’appelle : Pour ceux qui n’ont pas encore la chance de te connaître, pourrais-tu te dépeindre en quelques phrases ?


Kara : « Je place les artistes tellement haut dans mon estime, que l’idée de me comparer à eux me paraît ridicule » – Jean Marais.

Cette phrase est aussi mienne, et plutôt que de me comparer aussi à un artiste, je préfère me qualifier d’artisan. Cela inclut une notion de « bricoleur sympathique » et modeste, un bidouilleur qui respecte à la fois une certaine forme de tradition (le dessin sur papier) et l’apprentissage de méthodes plus actuelles (la mise en couleurs sur ordinateur, la conception de décors en 3D). Je travaille donc dans la BD, le décor, le story board. J’anime des ateliers de dessin pour différentes médiathèques, établissements scolaires, mairies, etc… le plus souvent sur des thèmes dits : « manga ». Je suis également rédacteur pigiste pour le webzine www.bodoi.info, et plus rarement pour le célèbre magazine Animeland.

 

Mon style graphique est un mélange d’influences franco-belge/occidentale et asiatiques (Nippones, coréennes, chinoises, etc…). Il en résulte un style pouvant aller du cartoon, en passant par le semi réalisme, et allant jusqu’au manga dit académique (avec « grands yeux » entre autre).

 

Mes habituels travaux de BD se concentrent sur des récits introspectifs à grand spectacle, où j’essaie d’allier le fun d’une action débridée à des réflexions plus profondes comme l’évolution de nos sociétés ou encore la religion. Mon credo est de démontrer que l’on peut faire des œuvres populaires et profondes, à l’image de nombreux mangas qui m’ont inspiré depuis quelques années. Aujourd’hui, je m’attaque à la BD grand public avec un titre jeunesse plus porté sur l’action et les rebondissements, le tout dans un style manga beaucoup plus affirmé et assumé : La Guerrière Innocente (sortie 24 oct 2012).



On s’appelle : Ton meilleur souvenir créatif ?
Kara : Fort heureusement pour moi, il n’est pas seul, mais « plusieurs » !

Cela peut être une simple satisfaction du résultat d’une nuit blanche de travail acharné. Voir aussi ses livres en librairie, c’est bon pour l’égo, ne nous le cachons pas. Il y a aussi des moments « magiques » comme lorsqu’on lance un calcul d’image 3D, de voir sous ses yeux des polygones « prendre vie », avec leurs textures, leurs effets de lumières, etc… je suis un (presque) quarantenaire qui a vécu la popularisation de l’informatique grand public. Aujourd’hui je suis toujours émerveillé par ce qui semble être des choses très banales pour des plus jeunes que moi. Par exemple, mes trois derniers albums ont tous été livrés de mon ordinateur à mon éditeur via internet (FTP). Penser que mes planches transitent par un petit bout de fil coincé derrière une commode… Cela m’émerveille encore quelque part. Et tant pis si cette « naïveté » en fait sourire certains. Croyez-moi, quand on a connu les modems 56k dans les années 2000, se retrouver avec une connexion haut débit incluant donc des possibilités de voyages virtuels à travers le monde…
je trouve cela magique, encore aujourd’hui !



On s’appelle : Que penses-tu de ton parcours ?
Kara :Même après dix à quinze  ans dans la BD, c’est difficile pour moi de porter un avis… Et cela implique de se comparer à d’autres qui ont mieux réussi ou moins bien réussi. Et qu’est-ce que la réussite ? Un compte en banque bien rempli ? Un soi-disant « âge d’or » dans son style graphique ? Est-ce que je me voile la face si je refuse quelque part de me donner une « note », de peur de me décevoir, ou, au contraire, de flatter mon égo ?

Bref, tout ça reste très subjectif et relatif (et je ne parle même pas de l’aspect superstitieux de se juger). Alors je me dis que cela aurait pu être mieux… mais aussi bien pire ! De plus, on dit souvent que la réussite dans la BD vient à la quarantaine… Et je suis à quelques mois de celle-ci, et coïncidant avec la sortie d’un prochain album plus grand public! Donc peut-être aurai-je un début de réponse l’année prochaine…



On s’appelle : Quels changements importants as-tu remarqués dans le métier depuis tes débuts ?

Kara : En une quinzaine d’années, beaucoup de choses ont changé, et pas seulement dans l’exercice même du métier. L’environnement même a évolué. Aujourd’hui, pour nombre de dessinateurs, l’ordinateur est devenu un outil indispensable. Que cela soit pour travailler ou même pour communiquer avec ses clients, éditeurs, collègues, etc…

De même, la virtualisation des œuvres s’est accélérée. Déjà ,il y a plus de dix ans, beaucoup de BD étaient mises en couleurs sur ordinateur. Seules les planches en noir et blanc étaient encore une réalité physique. Mais au grand dam des collectionneurs, il n’est plus rare de voir des dessinateurs créer directement sur palette graphique. Moi-même, je suis passé à la planche partiellement virtuelle. Pour ma prochaine BD, celle-ci possède près de 90% de décors réalisés en images de synthèse 3D. C’est à dire que je modélise des environnements virtuels (paysages, engins, architectures, etc…) et l’ordinateur calcule un rendu dit : cel shading (où toon render). C’est à dire que l’image finale ressemble à un dessin aux traits noirs. Je retape ces images pour leur donner un aspect plus humain (salissures, hachures, irrégularité d’encrage, etc…), et j’y intègre des compléments de décors (par exemple un château en 3D, entouré d’une forêt faite à la main), mais surtout des personnages dessinés sur papier et scannés. Cette méthode existe depuis dix-quinze ans au Japon mais ne commence à réellement percer en Occident que récemment. Même si cette méthode permet de gagner un temps considérable dans l’exécution de  décors parfois très complexes, il faut être capable de s’organiser une méthodologie de travail assez pointue.

 

Je tiens aussi à préciser que, si je suis parti dans cette direction, c’est essentiellement pour aller plus vite, et encore plus loin dans les détails même de certaines créations, de par la souplesse qu’induit l’imagerie numérique 3D. Je suis tout à fait capable de dessiner à la main la totalité de mes décors, mais pour un résultat équivalent, j’y passerais jusqu’à dix fois plus de temps ! Hors, dans mon métier, il faut savoir allier qualité ET productivité. Ce n’est pas antinomique avec l’esprit même de « l’art » que de recourir à des technologies actuelles, ou même d’appeler des assistants à la rescousse (ce que je ne fais pas personnellement, mais pourquoi pas un jour). L’idée, la légende même du dessinateur seul maître à bord, en haut de sa tour d’argent, a encore la vie dure en Occident. Certes il est agréable d’être responsable de tout, mais le partage des tâches pour certains est une gageure. Car ,pour eux, ce n’est plus de « l’art », mais de l’industrialisation. Ce que je trouve particulièrement stupide comme remarque (et je reste poli)! Les japonais utilisent jusqu’à dix,  voire vingt personnes sur un seul et unique manga, cela ne donne pas forcément un côté déshumanisé à la finalité de l’œuvre ! Car en suivant cette logique, le cinéma non plus n’est pas de l’art, puisque le réalisateur n’est pas seul sur le plateau : il est accompagné par des acteurs, des techniciens, des producteurs, etc… Idem pour le théâtre, l’architecture, la musique, la peinture même ! Pensez-vous que Michel Ange était seul à peindre sa célèbre Chapelle Sixtine ? Allons ! Pourquoi la BD serait-elle la dernière résistante de cet état de fait, du haut de sa tour ?

 

Il n’y a pas que la technologie qui évolue, mais aussi les mentalités. L’hybridation des styles est une réalité, et il n’est pas rare aujourd’hui de voir des dessinateurs mélanger plusieurs influences venant d’Asie et d’occident. Mais cela ne se limite pas qu’au graphisme, mais aussi à la façon de concevoir la mise en scène, et surtout le scénario. De nouvelles thématiques émergent, et surtout changent. Cela reste logique avec une certaine forme de mondialisation culturelle, économique, ou les thématiques historiques, politiques, religieuses, ou même de pop culture (science fiction, héroïque fantasy, polar, etc…) évoluent avec un monde qui change de plus en plus vite !

 

L’environnement commercial a aussi énormément évolué, du fait d’une offre en constante augmentation. Il y a quelques années, un responsable marketing d’une maison d’édition déclarait publiquement qu’au delà de deux mille sorties par an, le flux serait très compliqué à gérer pour les libraires. Hors, nous en sommes à cinq mille cinq cents ! Les étalages des libraires n’étant extensibles à l’infini, ces derniers doivent faire des pieds et des mains pour mettre en avant tous les titres afin de donner sa chance à tous. Ainsi sortir de la masse n’est pas évident malgré leurs louables efforts. Aujourd’hui, la qualité intrinsèque d’une œuvre ne suffit plus à garantir son succès. En gros, ce n’est parce que vous faites de la belle ouvrage que vos efforts seront commercialement récompensés. Les campagnes marketing sont alors indispensables pour vous promotionner. De même, un auteur ne doit pas hésiter à aller maintenant sur le terrain ! Forums internet, galeries virtuelles, tracts, facebook : tout est bon pour crier plus fort que l’autre ! Mais cette occupation prend du temps, jusqu’à vingt pour cent du temps de travail d’un auteur (surtout en période de pré-sortie d’un album).

On s’appelle :Ta muse et/ou le truc obligatoire que tu dois prendre pour dessiner ?

Kara : Ma dose de musique, bien entendu !

Étant seul devant mon écran d’ordinateur, avoir un fond sonore est parfois indispensable pour dissiper l’assourdissant silence m’entourant. Cela peut donc aller de l’écoute de musiques de films ou de dessins animés (les BGM de Kung Fu Panda 2, ou encore de Jormungand sont mes tops actuels), en passant par l’écoute de diverses émissions de France Culture où de Rires et Chansons (surtout les concerts live), jusqu’à quelques tranches de rigolades des Grosses Têtes !

 

Et le fond sonore n’est pas forcément en adéquation avec l’ambiance des scènes que je dessine parfois. Il m’arrive de  concevoir de véritables tragédies en m’esclaffant de rire en entendant le coup de Gueule du jour des Grosses Têtes. Et il m’arrive aussi de dessiner des gags « énormes » où des dessins « tout choupi kawaï kikolol » en écoutant du théâtre radiophonique comme Les Justes d’Albert Camus.



On s’appelle : T’arrive-t-il ou t’est-il arrivé de douter de ton travail ?

Kara :Plutôt que le doute, il vaut mieux parler de remise en question de son travail. C’est un exercice périlleux, qui peut parfois vous retourner les tripes selon votre humeur du jour. Mais il est indispensable et  indissociable de la motivation de progresser. Le niveau même d’un artiste est ,en ce sens ,très abstrait et subjectif.  Bien sûr, la justesse du dessin pur est un bon indicateur, mais son expression, la façon dont un artiste va vous toucher, diffèrent selon l’individu et l’époque. Et là, nul besoin parfois d’un énorme orchestre symphonique pour toucher certains, plus sensibles à la simplicité et à la pureté d’une mélodie à la guitare sèche. Si certains aiment l’artillerie lourde, pour viser le cœur, un simple fusil suffit parfois. C’est la difficulté de nombre d’artistes, pouvoir allier justesse technique et sensibilité forcément subjective du spectateur. Même s’il existe des « règles », des « canons » sûrs, par exemple, le dessin réaliste académique, la justesse même d’un dessin n’est pas le garant d’une émotion. Et là, il est difficile pour nous, dessinateurs ou auteurs d’évaluer si l’on vise juste ou non. Et quand bien même, il est impossible de toucher la sensibilité de tout le monde. Et vouloir plaire à tout le monde n’est pas forcément une chose saine. C’est sûr qu’un Zep est nettement plus drôle qu’un Bilal, mais Bilal a  un « niveau » de dessin bien supérieur à un Zep. Mais est-ce le but de Zep de dessiner comme Bilal ? Et Bilal a -t-il l’intention d’être aussi drôle qu’un Zep ? Plutôt que de parler de niveau, je préfère parler de différence. Ce n’est pas se voiler la face par des pirouettes de langage, mais comparons ce qui est comparable. On ne peut comparer une comédie à une tragédie, seul l’avis personnel où l’humeur du moment de celui qui juge le fera pencher vers l’une où l’autre de ces catégories. L’époque aussi est importante. Dans les années 80 à 90, il était politiquement correct de dire que le manga (enfin surtout le dessin animé japonais) était une horreur. Aujourd’hui, la pop culture nippone est portée aux nues. Je peux enfin porter fièrement des t-shirt mangas dans la rue sans me faire huer… au bout de vingt, voire trente ans d’attente !  Dur… Et ce constat est de mise pour toutes formes d’expression artistiques : le cinéma (la reconnaissance très tardive de Blade Runner par exemple), la télévision , la peinture (l’impressionnisme, dont une partie a été influencée d’ailleurs par l’art nippon, comme par hasard).

 

De même, en tant qu’artisan, il est facile de tomber dans le sentiment instinctif de la jalousie. Plutôt alors que d’être abattu, je préfère prendre exemple sur meilleur que moi, pour évoluer, ou simplement admirer le travail d’autrui en tant que simple spectateur/fan. Ce qui n’est pas simple, car je le répète, la jalousie est avant tout instinctive. Et se raisonner n’est pas toujours aisé… Bref, l’équilibre entre une œuvre accessible, mais empreinte d’une patte personnelle ,n’est pas facile, et je pense que nous sommes nombreux à être finalement plus des funambules que des artistes au final. Mais c’est aussi le fun de ce métier !

 

On s’appelle : Quel est ton gros coup de coeur dans le domaine ?

Kara :S’il n’y en avait qu’un ! Grâce à internet, il est désormais facile d’accéder à un nombre incroyable d’artistes de par le monde. Je reste un grand fan des certains illustrateurs coréens ou chinois. Bien entendu, ma passion pour le manga et la BD reste intacte, idem pour certains artistes classiques américains. En citer quelques-uns serait en oublier bien d’autres. Mais disons que j’essaie juste d’avoir l’œil curieux et l’esprit ouvert. En ce sens, le site communautaire Deviantart est une vraie mine d’or pour découvrir des talents dans le monde entier. Je vous invite alors à parcourir ma galerie de favoris à cette adresse pour découvrir les milliers d’artistes qui m’ont titillé les mirettes depuis des années : http://karafactory.deviantart.com/favourites/



On s’appelle : Si tu devais dénoncer un truc par le dessin ,ça serait ?

Kara :J’ai sorti jusqu’à présent huit albums. A part le dernier ,qui est une œuvre plus grand public et conçue comme un « blockbuster », toutes mes BD précédentes parlent de sujets m’interpelant, comme la religion, la vision que nous avons de la notre société, notre spiritualité face à la science, le système dans lequel nous vivons, etc… Je dis « parlent », et non pas « dénoncent », car justement j’essaie d’avoir une vision la plus anti-manichéenne possible de ces sujets. Je ne suis pas un moraliste, j’essaie de ne pas penser le monde en noir et blanc, mais de voir ce même monde pris dans un éternel conflit d’intérêts où chacun pense avoir raison sur l’autre. L’important alors, n’est pas la vérité, mais l’interprétation subjective de faits qui forgent les convictions de chacun. En gros, chacun voit midi à sa porte. Au lecteur ensuite de choisir son camp, ou simplement de prendre le relais des questionnements que je mène aux travers de mes premiers albums. Je n’apporte pas toujours de réponses (encore heureux, je ne serai jamais un philosophe, mais toujours un curieux de nature), mais cela ne m’empêche pas de me poser des questions. En ce sens, la quête même des réponses est plus importante qu’une finalité qui n’existe probablement pas (du moins à l’échelle de certaines questions sur l’humanité, notre société changeante, notre vision de la justice, de la spiritualité, de nos espoirs, etc…). Et quand bien même certaines « grandes » questions auraient des réponses, elles ne seraient pas non plus garantes d’un certain « bonheur » (qui est là aussi une vision subjective propre à chacun).

 

Bien sûr, cela serait si simple et direct de dire « je pense que ça, c’est bien, et ça, c’est mal ! Et comme je suis un « ôôôteur », j’ai raison ! » Mais ça ne marche pas comme ça. Bien sûr parfois, on est obligé de prendre des positions claires, voire de s’engager. Mais on ne peut que s’engager sur des choses pour lesquelles  tout le monde est d’accord au final : Tuer, c’est mal, voler, ce n’est pas bien… Bref, des notions basiques communément admises dans toutes sociétés… Mais au-delà de cela, se greffent d’infinis variations qui remettent tout en cause à chaque fois. Par exemple : Voler, c’est mal. Nous sommes d’accord. Mais voler un voleur, c’est mieux ? Mais voler un voleur qui est obligé de voler par contrainte (où par pauvreté) ? Et voler pour donner à ceux qui sont dans le besoin ? Et si voler quelqu’un que vous pensez être un voleur (donc potentiellement innocent aussi), cela vous pose en juge à la place de la justice, donc à votre tour, vous volez la justice quelque part…Etc…

Ce que je viens de vous « démontrer », cela peut aussi vous paraître comme une prise de tête pseudo-intellectuelle et crypto-élitiste d’un « auteur », et qui ferait bien mieux de sortir voir ses potes pour s’aérer le cerveau de temps en temps… Certes… Ce n’est pas faux quelque part… Mais je pense qu’en politique internationale, on doit se prendre la tête encore pire que cela, car il faut y rajouter ,en plus de ces interrogations morales, le conflit d’intérêts de chaque parties prêtes à tout  pour revendiquer leurs droits ou leurs ambitions. On peut comprendre alors pourquoi certains dossiers mettent des années à se résoudre… ou jamais ! Alors que moi, au final, je ne fais que des « p’tits Mickeys »…

 

On s’appelle :Tu travailles actuellement sur un projet, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Kara :La Guerrière Innocente est mon huitième album de BD, et un tournant dans ma carrière aussi bien sur le fond que sur la forme. Sur le fond car jusqu’à présent, j’ai toujours fait des scénarios mettant en avant une large part d’introspection sur fonds d’aventures à grand spectacle, et visant un public ado/adulte. Pour la première fois, je m’attaque cette fois à une cible plus jeune; avec un sujet plus fun et porté sur l’action. Mais attention, qui dit « blockbuster » ne veut pas dire se contenter d’aligner des scènes d’action décérébrées toujours plus spectaculaires. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, écrire un scénario que j’espère haletant et efficace m’a pris autant d’attention que pour mes travaux précédents. Il m’a fallu me  « documenter » sur le récit d’aventure, ses mécanismes, demander conseil à des amis fans de RPG nippons, gérer des scènes d’action beaucoup plus chorégraphiées que dans mes ouvrages précédents. Il a fallu créer des décors spécifiques à ces scènes, une lumière, une narration plus fluide et spectaculaire. Ainsi, même si je mets de côté l’aspect introspectif de mes précédentes séries pour me concentrer sur un récit plus riche en action, en rebondissements, en fun pur même, je n’en n’oublie pas de creuser mes personnages. Il faut que le lecteur s’attache à eux un minimum s’il veut vibrer à chacune de leurs péripéties, et dont voici un court résumé :

“La Peste des Innocents : tel est le nom du fléau qui tua la majorité de la population masculine du monde de Clothilde. Mercenaire amnésique et en quête de gloire, elle combat sans relâche Gunhild, une femme pirate assoiffée de chaos !
Lors d’un voyage diplomatique avec un jeune ambassadeur du nom de Raphaël, Clothilde sera embarquée ,bien malgré elle, dans un complot où le meurtre et les faux semblants sont rois… »

 

Enfin, la forme dans deux domaines évoqués aussi un peu plus haut. Le passage de planches réelles à des planches virtuelles avec une grande proportion de décors en 3D, des couleurs plus poussées façon celluloïd, proches du dessin animé nippon traditionnel. Car en effet, si dans mon premier album (Gabrielle) je touchais du bout du doigt un style mélangeant manga et semi réalisme à la franco belge, je me suis par la suite centré sur ce dernier parti pris pour mes travaux suivants. Avec La Guerrière Innocente, je reviens à un style 100% assumé dans mes influences « manga ». On peut même carrément parler d’exercice de style pro-manga, avec cette nouvelle série à l’aspect donc plus cartoon, et conférant un aspect plus dynamique à mes personnages surtout lors des phases d’action.

 

Bref, sur cet album, je me suis lâché dans le fun pur tout en gardant une certaine rigueur dans l’attention portée au scénario et aussi aux détails de mes décors, ma marque de fabrique pour certains de mes lecteurs me suivant depuis des années.

 

 

On s’appelle :Un petit mot pour la fin ? Ton propre slogan (de toilette !*) ?”

Kara : « Une passion non partagée, n’est pas une passion ». J’espère que vous vous amuserez autant à lire La Guerrière Innocente, que je me suis amusé à l’imaginer et à la dessiner !

 

Encore plus de découvertes en allant sur son blog : http://karafactory.blogspot.fr/

 

Les visuels sont la propriété de leur auteur.
*référence à Naheulbeuk

 

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